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Loïck Peyron Vingt mille lieues sur les mers

Vainqueur de la Barcelona World Race en 2011, Loïc Peyron détient également depuis le 6 janvier 2012 le record du Trophée Jules Verne : un tour du monde en 45 jours, 13 heures, 42 minutes et 53 secondes. Rencontre.

Du sextant au GPS

Dans la famille Peyron, la passion pour la voile se transmet de génération en génération. Admirateur des découvreurs comme Christophe Colomb qui naviguaient vers l’inconnu avec des bateaux en bois et des voiles en coton, Loïck a ressenti des sensations similaires lors de ses premières courses qu’il effectuait avec pour unique compagnie, une lampe à pétrole et un sextant. À 12 ans, il sait déjà qu’il veut devenir navigateur professionnel et sa première traversée de l’atlantique est effectuée alors qu’il vient de fêter sa majorité. Il fait partie de la génération qui a connu des progrès techniques formidables. Lorsque son frère Bruno établit le premier record du Trophée Jules Verne, en 1993, il lui faut 79 jours et 6 heures. Loick aura besoin de 34 jours de moins, 19 ans plus tard, à bord du plus grand Trimaran du monde, le Maxi Banque Populaire V.

Skipper, un métier pas comme les autres

Pour un skipper, chaque aventure commence par de l’ingénierie. Loïck Peyron explique : « le pilote automobile n’est pas responsable de la mécanique de sa voiture alors que le skipper est responsable des choix techniques de son bateau ». Passionné d’aviation, Loïck pense qu’il n’aurait jamais aussi bien réussi s’il n’avait pas piloté. En effet, l’aviation et la voile utilisent à peu de choses près les mêmes termes et consomment la même énergie : celle du vent. Le skipper cumule donc plusieurs postes, ce qui lui donne un statut rare dans le milieu sportif. À la fois ingénieur, meneur d’hommes et marin, il doit également savoir vendre : « Avant de gagner des courses ou battre des records, il faut financer son projet, récolter des fonds, monter une équipe. C’est difficile mais j’aime le faire car cela fait partie intégrante de mon sport. Pour la coupe de l’America 2013, nous cherchons environ 15 millions d’euros ».

La course technologique

Le grand bond en avant réalisé ces dernières années provient de progrès effectués dans la maîtrise de deux facteurs : l’énergie éolienne et les frottements de l’eau sur les bateaux. Les voiles ressemblent déjà à des ailes d’avions et les frottements entre la coque et le bateau se réduisent. A tel point que certains progrès ne peuvent pas être utilisés sur des courses au large, de peur que le bateau ne s’envole ! A ce sujet, Loick Peyron insiste depuis plusieurs années pour que l’on définisse ce qu’est un bateau : « Est-ce qu’un bateau peut être un dirigeable avec une tige dans l’eau ? » Sa plus grande crainte et d’aboutir au stade où la voile sera un simple combat technologique, avec des bateaux sans équipage.

La tête en en mer mais les pieds sur terre

Ce qui ravit Loïck Peyron quand il parle de son métier de skipper, c’est qu’il passe du temps à rêver de nouveaux exploits, de nouveaux bateaux… mais qu’il dispose du luxe qui consiste à les réaliser. Malgré un palmarès impressionnant, le champion n’a jamais pris la grosse tête ; un point commun à la plupart des marins, qui se mesurent sans cesse à deux éléments beaucoup plus puissants qu’eux : le vent et la mer. Loïck Peyron n’a pas hésité à mettre deux fois la course de côté pour sauver un de ses concurrents : Philippe Poupon lors du Vendée Globe en 1990 et Vincent Riou durant la Transat Anglaise de 2008, qu’il gagnera.

Des projets, encore et toujours

Il suffit d’écouter Loïck pour se rendre compte qu’il ne va pas jeter l’ancre de sitôt. « Refaire un Vendée Globe ? Pourquoi pas mais juste pour le plaisir d’être sur l’eau». Sa philosophie n’est pas celle d’un homme qui souhaite tout remporter sur son passage. Pour lui, le plus important est d’être en mer, mais il explique que remporter ces courses demande une condition physique extrême qu’il ne pense plus atteindre. Petit fils et fils d’amoureux de la mer, Loïck et son frère Bruno ont longtemps été concurrents avant de s’engager dans des projets communs comme pour la coupe de l’America 2013 qu’ils préparent ensemble avec l’équipe Energy Team. A eux deux, ils cumulent d’ailleurs 4 des 8 records du Trophée Jules Vernes. Mais il a d’autres projets autrement plus périlleux ! : « Mon prochain tour du monde ? Ce sera en croisière et en famille » confie-t-il.

http://www.loickpeyron.com
http://www.voile.banquepopulaire.fr/Loick-Peyron/ http://www.americascup.com/fr/equipages/Energy-Team

December 17, 2012 10:38:32 AM CET

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